Bagarre microcosmique : et ça continue, encore et encore…
De tous les sujets qui n’intéressent pas les Calédoniens il y en a un qui tient le haut de l’affiche : la gestion des ressources humaines dans l’exécutif de Nouvelle-Calédonie.
Pour faire court, sept personnes travaillent aujourd’hui pour les trois membres Calédonie Ensemble qui siègent au gouvernement. Une soixantaine d’autres (59 pour être précis) travaillent pour les huit autres « ministres », président compris, sans compter les personnels administratifs et les chargés de mission dont le nombre fluctue selon le sens du vent. C’est ce que l’on a couramment l’habitude d’appeler les membres des « cabinets ».
La règle établie depuis l’Accord de Nouméa est très simple : 1 ministre = 3 collaborateurs au minimum.
Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Sonia Backès, a décidé de proposer, et a finalement acté, une modification de ce règlement. La coalition souhaite ainsi répartir le nombre de collaborateurs selon les portefeuilles ministériels et, in fine, selon l’importance réelle ou non de ces derniers.
L’objectif est simple : Calédonie Ensemble étant, d’une part, placé dans l’opposition, et d’autre part, responsable de dossiers picrocholins (météorologie, gestion de la Zone économique Exclusive,…), le nombre de ses collaborateurs doit, selon eux, diminuer au profit des autres « ministres ». On se rappelle que Louis Kotra Uregei, en son temps, avait même demandé l’octroi de la compétence des « marées » aux membres Calédonie Ensemble. Après tout, le ridicule ne tue pas.
La porte-parole du gouvernement utilise un argument formidablement populiste pour étayer cette idée : la masse salariale des cabinets CE représenterait 120 millions/ an. Ce qui est beaucoup. Elle nous explique, au micro de RRB, que c’est, comme toujours, le contribuable qui paie et qu’il n’est certainement pas content que cet argent soit utilisé pour, soit disant, gérer la météorologie. Sachant que le temps calédonien est pour le moins maussade en ce moment, c’est une raison de plus de s’alarmer. Ces gens-là ne sont même pas capables de faire venir le soleil, c’est dire.
Cependant, ce que Madame Backès oublie de dire c’est que, dans sa démarche d’apothicaire, et pour reprendre son idée, c’est dans ce cas-là un milliard deux cents millions de francs chaque année (oui, j’ai bien écrit 1 200 000 000 Fcfp/an) qui sont financés par le contribuable pour rétribuer la soixantaine de collaborateurs travaillant pour les ministres de la coalition RUMP/UC/PT/AE au pouvoir. Que voulez-vous, lorsque l’on commence à faire dans l’épicerie, le client sort sa calculette…
Philippe Michel, le Secrétaire Général de Calédonie Ensemble, a donc eu une idée que je trouve très intéressante. Il s’agit de demander au chef de l’administration, en l’occurrence le président du gouvernement, de publier dans la presse la liste de tous les collaborateurs avec en bonus : leurs salaires, les avantages dont ils disposent (voiture de fonction, téléphone, frais de mission,…) mais aussi leur diplôme et leur degré de formation.
A mon humble avis, on risque de sacrement rigoler en voyant la liste. Sauf si, par malheur, on est un contribuable calédonien.
Parce que le contribuable, en plus de payer des impôts, il a un droit extraordinaire dans une démocratie : celui de poser des questions à ses représentants. Et la question que beaucoup d’entre eux se posent c’est : Mais à quoi peuvent-ils donc bien servir ces soixante personnes ? Ou mieux : Je veux bien financer ces 1,2 milliard mais, à quoi ça sert ? Quelle est la plus-value ressortant du travail de ces gens ? Depuis un an, quelles sont donc les améliorations de mes conditions de vie ? La vie est-elle plus facile en 2012 en Nouvelle-Calédonie que l’année précédente ? Qu’on-t-il fait pour combattre la vie chère ?
Pas mal de questions donc. Très peu de réponses.
Je trouve véritablement regrettable, pour ne pas dire consternant, cette énième polémique. Sous des dehors démagogiques et populistes elle ne sert qu’à continuer ce que la coalition a entrepris voilà plus d’un an maintenant : affaiblir, exclure, mettre à l’écart ou réduire tous ceux qui lui sont opposés.
Nidoïsh Naisseline, du LKS, vient d’être débarqué de son poste de président du conseil d’administration d’Aircal.
Robert Attiti subit actuellement un putsch pour le faire virer de son poste de président de la SAS Goro-Mines.
Jo Peyronnet, de Calédonie Ensemble, sera bientôt démis de son fauteuil de maire de Moindou.
Ça vous étonne ?
Moi pas.










Un article une fois de plus malhonnête et inutile.
L’auteur oublie de préciser que les 3 ministres CE qui sont tant « mis à l’écart » refusent d’assumer leurs responsabilité et ne font rien. Si déjà ils viennent c’est pas mal. Ce sont donc les AUTRES collaborateurs des AUTRES ministres qui se chargent de leurs dossiers. C’est donc normal q’ils soient moins nombreux que les autres, vu leur activité.
Evidemment, on se doute que CE crie au scandale car ils ont moins de postes à disposition pour placer leurs équipes et alliés. Lamentable.
Bonjour Reno,
Pas si inutile que ça cet article puisqu’il vous permet de donner votre avis !
Pas si malhonnête que ça puisque j’y explique que les « AUTRES ministres qui se chargent de leurs dossiers », comme vous dites, vont donc devoir s’atteler à l’épineux problème de la météorologie et de la zone économique exclusive…
Pas si lamentable que ça puisque vous sous-entendez vous-même que les partis au gouvernement placent « leurs équipes et alliés », ce qui, soit-dit-en-passant, permet donc à une soixantaine de personnes d’être, selon vous, recrutées à cette fin.
Bien cordialement,
Tom
59 collaborateurs pour 8 membres du gouvernement…
Une seule question: combien de collaborateurs (en comptant les virtuels également) pour CE à l’époque du gouvernement Gomès?
Cher Jen,
J’imagine que c’est 5 selon la police et 50 selon RRB…
Je n’ai aucune idée du chiffre. C’est pourquoi je trouve – à titre personnel – qu’il serait bon de publier (comme le font, par exemple, les différents ministères de métropole) la liste de tous les collaborateurs des services ad hoc de l’ensemble des élus dans toutes les institutions au service des Calédoniens.
Cette transparence serait, selon moi, une bonne façon de « moraliser la vie politique » Ne croyez-vous pas ?
Bien cordialement,
Tom
Répondre à une question par une autre question… Fichtre, je ne m’attendais pas à telle matoiserie! Mon interrogation est-elle si dérangeante qu’il vous faille rajouter à ce stratagème rhétorique les fards de l’humour et du sarcasme?
Il me semblait naturel que vous puissiez nous confirmer le nombre des collaborateurs qui ont, un temps, partagé votre environnement professionnel. Comme je ne peux croire ni en votre mauvaise foi, ni en votre faillite morale (puisqu’il en est question dans votre commentaire), je vous invite à user de votre connaissance de la chose et des personnes publiques afin de nous gratifier de cette information.
Vous semblez avoir aisément déniché les chiffres concernant l’actuel gouvernement. Ce devrait être un jeu d’enfant que de réitérer l’exercice avec pour objet le gouvernement pour lequel vous travailliez.
Cordialement,
Jen
PS/ ne vous formalisez des touches de sarcasme qui poignent ponctuellement. Ces choses-là sont contagieuses.
Cher Jen,
Matoiserie ? J’adore…
Non, désolé, cela ne peut être « naturel » pour moi de confirmer tel ou tel chiffre puisque je n’ai (malheureusement) jamais travaillé ni au secrétariat général du gouvernement ni à la direction des ressources humaines, ni même à la solde d’ailleurs. Je me suis servi dans mon post que des chiffres donnés par la porte-parole du gouvernement lors de son intervention publique et par ceux du communiqué de Monsieur Philippe Michel qui sont l’un comme l’autre disponibles sur le net, si je ne m’abuse. Ai-je eu tort de faire confiance à l’un ou à l’autre ? Que voulez-vous, je me sers de ce que je trouve.
Je vous invite donc, afin de réduire l’opacité de la situation, à faire comme moi et à inviter les services compétents du gouvernement à publier les listes des collaborateurs ayant travaillé pour le gouvernement actuel et les précédents.
On pourrait peut-être y trouver matière à nous intéresser.
Bien cordialement,
Tom
PS : je suis un grand fan de vos pointes de sarcasme acidulé.
à mourir de rire ton « coup de gueule » quand on sait le nombre de collaborateurs du gouvernement dont vous faisiez parti ( bien + que 5) et certains des actuel(les) collaborateur(trices) qui » travaillent » encore aujourd’hui et dont on ne peut pas dire que le mot » travailler » soit bien approprié !!
cordialement
Chacha
Bonjour Chacha,
Tout d’abord, merci pour votre commentaire.
Ensuite, je suis ravi que ce post vous ait fait rire. Ce n’était pas le but initial mais c’est toujours sympa à savoir.
Enfin, je n’ai pas vraiment compris le sens de votre phrase. Je pense que vous avez certainement voulu dire quelque chose, mais les mots ne me semblent pas avoir été employés à bon escient. Si bien que votre message final n’est pas très clair et je ne sais donc pas trop quoi en penser.
Très cordialement,
Tom